Amériques
VUE D'ENSEMBLE
En 2011, les défenseurs des droits humains n’ont pas eu de répit en Amérique Latine. Les DDH ont continué à être victimes de menaces de mort, surveillance, harcèlement des membres de leurs familles, perquisitions de leurs bureaux et domiciles, agressions violentes y compris des disparitions forcées et assassinats. Les DDH ont aussi été exposés à un défit permanent: l’obligation de prouver ou de défendre leur propre légitimité et celle de leur travail non violent. La criminalisation et la stigmatisation se sont accentuées. Les campagnes visant à diaboliser ou discréditer les activités des DDH, souvent couplées avec des accusations criminelles infondées, ont été coordonnées par les responsables de l’État, les agences de presses ou d’autres acteurs non liés à l’État, tels que des multinationales. De nombreux défenseurs des droits humains ont continué à s’engager dans des activités pour rechercher vérité, justice et réconciliation pour les victimes des crimes passés. Bien que, dans de nombreux pays, les coupables aient été jugés et que des commissions pour établir la vérité aient été créées, les relations entre les DDH qui représentent légalement les victimes et leurs gouvernements, anciens ou nouveaux, étaient souvent tendues. Au Guatemala, l’élection à la présidence du pays d’un candidat qui était général pendant la guerre civile, était une source d’inquiétudes. En Colombie, en dépit d’un changement de discours vis-à-vis des DDH sous la nouvelle présidence, et malgré le démantèlement du Departamento Administrativo de Seguridad (DAS), qui était entaché de scandales, peu de choses ont changé pour les DDH; ils travaillent toujours dans un environnement peu sécurisé et ont rapporté de fréquentes attaques pendant l’année. Le Honduras ne s’est toujours pas remis du coup d’état de 2009, et l’impunité et l’usage excessif de la force restent une importante source de danger pour les défenseurs des droits humains. Beaucoup de DDH ont été tués à cause de la menace que représentait leur travail pour les parties concernées. En 2011, Front Line Defenders a rapporté les assassinats de 11 défenseurs des droits humains et membres de leurs familles, au Brésil, El Salvador, Guatemala et Honduras. Au Brésil, Sebastião Bezerra da Silva a été assassiné en février à cause de son travail sur les exécutions extrajudiciaires; le militant pour le droit à la terre Adelino ‘Dinho’ Ramos, l’écologiste José Cláudio Ribeiros da Silva et sa femme, ont été tués en mai; l’écologiste et leader de communauté Joao Chupel Primo a été tué en octobre. Au El Salvador, Juan Francisco Duran Ayala, qui travaillait sur les risques de contamination au cyanure dus à l’exploitation d’une mine d’or, a été tué en juin. La leader de communauté María Margarita Chub Che a elle aussi été assassinée en juin à cause de son travail contre les expulsions illégales au Guatemala. Au Honduras, le journaliste Héctor Francisco Medina Polanco a été assassiné en mai, suivi en août de Secundino Ruiz, Pedro Salgado et sa femme Reina Mejia. Le nombre de meurtres a augmenté en Colombie. L’impunité pour ces meurtres ainsi que pour les précédents reste répandue. Les autorités ont aussi échoué en ce qui concerne la protection des témoins. Au Mexique, un témoin clé du meurtre de Marisela Escobedo Ortiz en décembre 2010, a été abattu chez lui à Ciudad Juárez, dans l’état de Chihuahua, avec deux membres de sa famille, juste avant de témoigner au tribunal en mars. Des DDH ont survécu à des attaques physiques perpétrées contre leur personne, dans toute la région. L’année a commencé et s’est achevée par deux attaques brutales: en janvier, un défenseur des droits humains du Honduras a été enlevé et torturé par un groupe d’inconnus, avant de réussir à s’échapper. Il défendait activement les droits des campesinos dans la région d’Aguán. En décembre à Ciudad Juárez au Mexique, une défenseuse des droits humains a reçu cinq balles à cause de son combat pour que justice soit rendue aux victimes de féminicide et à leurs familles. Les domiciles et les bureaux des défenseurs des droits humains ont aussi été visés. En 2011, des cambriolages ont été rapportés au Brésil, en Colombie, au Guatemala, au Honduras et au Mexique, où des informations confidentielles et sensibles concernant des violations des droits humains ont été volées et des biens ont été saccagés. Au mois de novembre, au cours d’une attaque particulièrement brutale, Jackeline Rojas Castañeda, nominée au Prix Front Line Defenders, a été attachée et bâillonnée, et un revolver a été braqué vers la tête de sa fille, alors qu’elles se trouvaient chez elles en Colombie. Les agresseurs ont posé des questions sur son fils et son mari, et ont volé ses deux ordinateurs portables, des clés USB, des téléphones portables et des documents. Au Mexique en février, le domicile d’une défenseuse a été incendié alors qu’elle participait à une manifestation et à une grève de la faim devant les bureaux du procureur général de l’état de Chihuahua à Ciudad Júarez. Il y a eu de nombreux exemples d’utilisation du système judiciaire contre des DDH, afin de les empêcher de mener à bien leur travail. Des cas de procès inéquitables et d’accusations fabriquées de toutes pièces ont été rapportés en Colombie, en Équateur, au Honduras, au Mexique et au Pérou. Le défenseur des droits humains péruvien Estinaldo Quispe Mego a été condamné à deux peines de quatre ans de prison, pour deux usurpations de fonctions publiques, en lien avec deux différentes disputes territoriales dans lesquelles il agissait en tant qu’intermédiaire. En Équateur, une plainte a été déposée contre deux DDH pour la disparition d’un panneau qui annonçait une rencontre communautaire; cette accusation a été portée sous prétexte qu’ils étaient les deux personnes opposées à des opérations minières dans leur région. Des défenseurs des droits humains ont fait l’objet de campagnes diffamatoires ou ont été étiquetés terroristes ou rebelles en Colombie, au Honduras et au Vénézuela. Le directeur d’une ONG vénézuélienne, qui travaille sur les conditions de détention En 2011, les défenseurs des droits humains n’ont pas eu de répit en Amérique Latine. Les DDH ont continué à être victimes de menaces de mort, surveillance, harcèlement des membres de leurs familles, perquisitions de leurs bureaux et domiciles, agressions violentes y compris des disparitions forcées et assassinats. Les DDH ont aussi été exposés à un défit permanent: l’obligation de prouver ou de défendre leur propre légitimité et celle de leur travail non violent. La criminalisation et la stigmatisation se sont accentuées. Les campagnes visant à diaboliser ou discréditer les activités des DDH, souvent couplées avec des accusations criminelles infondées, ont été coordonnées par les responsables de l’État, les agences de presses ou d’autres acteurs non liés à l’État, tels que des multinationales. De nombreux défenseurs des droits humains ont continué à s’engager dans des activités pour rechercher vérité, justice et réconciliation pour les victimes des crimes passés. Bien que, dans de nombreux pays, les coupables aient été jugés et que des commissions pour établir la vérité aient été créées, les relations entre les DDH qui représentent légalement les victimes et leurs gouvernements, anciens ou nouveaux, étaient souvent tendues. Au Guatemala, l’élection à la présidence du pays d’un candidat qui était général pendant la guerre civile, était une source d’inquiétudes. En Colombie, en dépit d’un changement de discours vis-à-vis des DDH sous la nouvelle présidence, et malgré le démantèlement du Departamento Administrativo de Seguridad (DAS), qui était entaché de scandales, peu de choses ont changé pour les DDH; ils travaillent toujours dans un environnement peu sécurisé et ont rapporté de fréquentes attaques pendant l’année. Le Honduras ne s’est toujours pas remis du coup d’état de 2009, et l’impunité et l’usage excessif de la force restent une importante source de danger pour les défenseurs des droits humains. Beaucoup de DDH ont été tués à cause de la menace que représentait leur travail pour les parties concernées. En 2011, Front Line Defenders a rapporté les assassinats de 11 défenseurs des droits humains et membres de leurs familles, au Brésil, El Salvador, Guatemala et Honduras. Au Brésil, Sebastião Bezerra da Silva a été assassiné en février à cause de son travail sur les exécutions extrajudiciaires; le militant pour le droit à la terre Adelino ‘Dinho’ Ramos, l’écologiste José Cláudio Ribeiros da Silva et sa femme, ont été tués en mai; l’écologiste et leader de communauté Joao Chupel Primo a été tué en octobre. Au El Salvador, Juan Francisco Duran Ayala, qui travaillait sur les risques de contamination au cyanure dus à l’exploitation d’une mine d’or, a été tué en juin. La leader de communauté María Margarita Chub Che a elle aussi été assassinée en juin à cause de son travail contre les expulsions illégales au Guatemala. Au Honduras, le journaliste Héctor Francisco Medina Polanco a été assassiné en mai, suivi en août de Secundino Ruiz, Pedro Salgado et sa femme Reina Mejia. Le nombre de meurtres a augmenté en Colombie. L’impunité pour ces meurtres ainsi que pour les précédents reste répandue. Les autorités ont aussi échoué en ce qui concerne la protection des témoins. Au Mexique, un témoin clé du meurtre de Marisela Escobedo Ortiz en décembre 2010, a été abattu chez lui à Ciudad Juárez, dans l’état de Chihuahua, avec deux membres de sa famille, juste avant de témoigner au tribunal en mars. Des DDH ont survécu à des attaques physiques perpétrées contre leur personne, dans toute la région. L’année a commencé et s’est achevée par deux attaques brutales: en janvier, un défenseur des droits humains du Honduras a été enlevé et torturé par un groupe d’inconnus, avant de réussir à s’échapper. Il défendait activement les droits des campesinos dans la région d’Aguán. En décembre à Ciudad Juárez au Mexique, une défenseuse des droits humains a reçu cinq balles à cause de son combat pour que justice soit rendue aux victimes de féminicide et à leurs familles. Les domiciles et les bureaux des défenseurs des droits humains ont aussi été visés. En 2011, des cambriolages ont été rapportés au Brésil, en Colombie, au Guatemala, au Honduras et au Mexique, où des informations confidentielles et sensibles concernant des violations des droits humains ont été volées et des biens ont été saccagés. Au mois de novembre, au cours d’une attaque particulièrement brutale, Jackeline Rojas Castañeda, nominée au Prix Front Line Defenders, a été attachée et bâillonnée, et un revolver a été braqué vers la tête de sa fille, alors qu’elles se trouvaient chez elles en Colombie. Les agresseurs ont posé des questions sur son fils et son mari, et ont volé ses deux ordinateurs portables, des clés USB, des téléphones portables et des documents. Au Mexique en février, le domicile d’une défenseuse a été incendié alors qu’elle participait à une manifestation et à une grève de la faim devant les bureaux du procureur général de l’état de Chihuahua à Ciudad Júarez. Il y a eu de nombreux exemples d’utilisation du système judiciaire contre des DDH, afin de les empêcher de mener à bien leur travail. Des cas de procès inéquitables et d’accusations fabriquées de toutes pièces ont été rapportés en Colombie, en Équateur, au Honduras, au Mexique et au Pérou. Le défenseur des droits humains péruvien Estinaldo Quispe Mego a été condamné à deux peines de quatre ans de prison, pour deux usurpations de fonctions publiques, en lien avec deux différentes disputes territoriales dans lesquelles il agissait en tant qu’intermédiaire. En Équateur, une plainte a été déposée contre deux DDH pour la disparition d’un panneau qui annonçait une rencontre communautaire; cette accusation a été portée sous prétexte qu’ils étaient les deux personnes opposées à des opérations minières dans leur région. Des défenseurs des droits humains ont fait l’objet de campagnes diffamatoires ou ont été étiquetés terroristes ou rebelles en Colombie, au Honduras et au Vénézuela. Le directeur d’une ONG vénézuélienne, qui travaille sur les conditions de détention dans les prisons du pays, a été calomnié dans plusieurs journaux suite à des déclarations du gouvernement qui l’accusaient d’être à l’origine de violences dans les prisons. En Colombie, des DDH ont été publiquement traités de complices ou de sympathisants de groupes armés, alors qu’au même moment, ils étaient menacés par ces groupes armés et des structures paramilitaires. Le risque qu’une attaque soit perpétrée par l’une ou l’autre des parties était donc élevé. En octobre, d’anciennes accusations ont été relancées contre Principe Gabriel González, qui a été arrêté pour rébellion et association avec les FARC. Des lois sur la sécurité ont été utilisées au Honduras, où Miriam Miranda Chamorro a été arrêtée en mars, puis provisoirement libérée malgré des accusations de sédition.
Des défenseurs des droits humains opèrent au Brésil pour les droits économiques, sociaux et culturels qui comprennent la promotion de la réforme agraire (avec une attention particulière sur le droit à la terre pour les travailleurs ruraux), les droits des indigènes, les droits des personnes d'origine africaine ou Quilombolas, les droits des LGBTI et du travail, ainsi que la défense des droits civils et politiques et la surveillance puis la communication d'abus et d'actes de corruption liés aux droits humains. La violence policière et le manque de responsabilité ont continué à poser de graves problèmes dans la société brésilienne. Un point positif : le Programme de Protection Nationale du Brésil pour les défenseurs des droits humains propose une approche holistique de la protection des défenseurs des droits humains et comprend également un soutien psychologique. Cependant, en raison de la taille du pays et des ressources limitées octroyées, le programme a dû faire face à des défis pour fournir l'assistance adéquate aux défenseurs des droits humains en danger et en 2010, il a opéré dans six états.
Les Amériques sont restées la région dans laquelle le plus de défenseurs des droits humains ont été tués, ce qui a été rapporté en Colombie, en Équateur, au Salvador, au Honduras et au Mexique. La Colombie est toujours l'un des pays les plus dangereux au monde concernant la défense des droits humains. Malgré une forte communauté défendant les droits humains, l'héritage de la violence a été transféré avec la nouvelle présidence de Juan Manuel Santos qui a pris son poste en août. Les assassinats, les disparitions forcées, les menaces de mort, les raids dans des bureaux et la stigmatisation ainsi que la criminalisation des défenseurs des droits humains ont continué parallèlement à l'impunité dont jouissent les responsables de ces actes. 30 meurtres de défenseurs des droits humains ont été rapportés en un trimestre. Le cas de David Rabelo Crespo illustre bien les dangers quotidiens que courent les défenseurs des droits humains : il travaille à la Corporation Régionale pour la Défense des Droits Humains et a été arrêté le 14 septembre 2010 à Barrancabermeja. Il est toujours en détention sur de fausses charges de conspiration dans le but de commettre un crime et des meurtres aggravés, et lui et sa famille reçoivent toujours des menaces de mort.
Les meurtres de défenseurs des droits humains ont également été un problème majeur au Mexique où les défenseurs des droits humains ont dû faire face à des actes d'intimidation et de harcèlement de la part d'acteurs issus du gouvernement ou non. L'insécurité générale, l'impunité et la violence, associées à des activités de crime organisé et de trafic de stupéfiants, mettent en évidence le fait que les défenseurs des droits humains doivent agir dans des conditions extrêmement dangereuses, en particulier au Chihuahua, au Guerrero et au Chiapas. En avril 2010, Bety Cariño a été tuée, ainsi qu'un observateur international, lors d'une violente attaque paramilitaire envers une caravane humanitaire pacifique. La violence et les meurtres envers les femmes ont atteint un niveau alarmant dans l'état de Chihuahua et ont représenté l'un des principaux dangers courus par les défenseurs des droits des femmes dans la région. L'année 2010 a commencé par le meurtre, en janvier, de Josefina Reyes qui a été assassinée en raison de son travail d'opposition aux abus perpétrés par des militaires ; l'année s'est terminée avec le meurtre d'une autre défenseur des droits de la femme, Marisela Escobedo Ortiz, qui a été tuée en décembre alors qu'elle organisait une manifestation pacifique et silencieuse contre l'acquittement du meurtrier de sa fille. Suite à ces deux meurtres, plusieurs membres des familles de ces deux défenseurs des droits des femmes ont également été tués. La réponse des autorités a toujours été la même : « la présence des militaires est nécessaire en raison des cartels de trafic de drogue toujours en activité dans la région. »
La seule bonne nouvelle a été la baisse des attaques contre des défenseurs des droits humains au Guatemala, qui avait atteint son paroxysme en 2009. Cependant, l'environnement est resté très risqué et les défenseurs des droits humains ont travaillé dans la peur des représailles. Front Line a rapporté des tentatives d'assassinat, des menaces de mort et des effractions commises aux domiciles de défenseurs des droits humains.
En Équateur, des défenseurs des droits humains ont rapporté une répression constante de la part de l'état, en particulier contre des activistes environnementaux. En 2010, des cas de criminalisation, de discrédit, d'emprisonnement et de meurtres sur des défenseurs des droits humains ont été signalés. Sur le fond de ces nouvelles, on peut presque considérer comme paradoxal le fait que la Constitution de 2008 ait codifié « le droit de résistance en cas d'actions ou d'omissions de la part des autorités publiques, de personnes ou d'organisations menaçant les droits constitutionnels des peuples ».
Au Honduras, des défenseurs des droits humains, des organisations et des partis politiques ont continué à joindre leurs efforts pour s'opposer au gouvernement de facto dans un mouvement conduit par le Front de Résistance National. 2010 fut également une année de violences et Front Line a émis des appels urgents concernant trois cas isolés de meurtres sur des défenseurs des droits humains ainsi que concernant d'autres tentatives d'assassinats et de menaces de mort contre des individus ou des groupes. Les défenseurs des droits LGBTI sont toujours la cible de menaces, de surveillance, de kidnapping, d'intimidation et de meurtres, et ils sont doublement discriminés en raison de leur activité de défenseurs des droits humains et parce qu'ils défendent les droits des LGBTI. Ceux qui travaillent pour la promotion du développement durable et pour les droits écologiques au Honduras, tels que le Mouvement Environnemental d'Olancho, restent dans une situation à haut risque.
URGENT CASES
- 1 de 2
- ››
LIENS
- Associacion pro Derechos Humanos (APRODEH) (Pérou)
- Centro de Accion Legal en Derechos Humanos (CALDH) (Guatémala)
- Centro de Derechos Humanos (Mexique)
- Corporación de Promoción y Defensa de los Derechos del Pueblo (CODEPU) (Chili)
- Conselho Indigenista Missionario (CIMI) (Brésil)
- Fundacion de Avuda Social de las Iglesias Cristianas (FASIC) (Chili)
- Fundacion Regional de Asesoria en Derechos Humanos (INREDH) (Equateur)
- Gabinete de Assessoria Jurídica ás Organizações Populares (GAJOP) (Brésil)
- Grupo Tortura Nunca Mais RJ (Brésil)
- Instituto Latinoamericano de Servicios Legales Alternativos (ILSA) (Colombie)
- Justica Global (Brésil)
- Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos (LIMEDDH)
- Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST) (Brésil)
- Movimento Nacional de Direitos Humanos (MNDH) (Brésil)
- Coalition Nationale pour les Droits des Haitiens
- Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) (Argentine)
- American-Arab Anti Discrimination Committee (USA)
- Coalition of Immokalee Workers (USA)
- Jackson Advocate (USA)
- Kensington Welfare Rights Union (USA)
- Lynne Stewart (USA)










