Posted 2010/8/21

Mexique: l'audience concernant l'arrestation arbitraire, l'emprisonnement et la torture des défenseurs des droits humains Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera, aura lieu prochainement

Rodolfo Montiel and Teodoro Cabrera

Les 26 et 27 aout 2010, la Cour Interaméricaine des Droits Humains organisera une audience publique dans l'affaire de M. Rodolfo Montiel et M. Teodoro Cabrera, deux défenseurs des droits humains arbitrairement arrêtés, emprisonnés et torturés par les autorités mexicaines entre 1999 et 2001.

Informations Complémentaires

Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera sont des défenseurs du droit environnemental qui ont travaillé pour l'Organización de Campesinos Ecologistas de la Sierra de Petatlán y Coyuca de Catalán – OCESP (organisation des paysans écologistes de la Sierra de Petatlán et Coyuca de Catalán), une organisation paysanne qui s'oppose aux exploitations forestières à grande échelle et à la destruction des forêts de l'état de Guerrero au Mexique.

Le 2 mai 1999, près de 40 militaires du 40ème bataillon d'infanterie de l'armée mexicaine ont fait un raid dans la communauté de Pizotla, dans l'état de Guerrero, et ont tiré sur un groupe de personnes rassemblées devant la maison de Teodoro Cabrera. Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera ont tous les deux été arbitrairement arrêtés et, durant cinq jours, ont été placés à l'isolement et maltraités par les militaires. Au moment de l'arrestation, ils ont été menacés d'être exécutés immédiatement et ont été interrogés avec violence et torturés durant les deux nuits suivant l'arrestation. Pendant les interrogatoires, les soldats ont une nouvelle fois menacé de les tuer et ont dit connaître l'endroit où se trouvaient leurs familles. Ils ont été interrogés au sujet des activités de l'OCESP et accusés d'appartenir à des groupes armés.

Le 4 mai 1999, ils ont été transférés dans des hélicoptères jusqu'aux bâtiments du 40ème bataillon à Ciudad Altamirano, état de Guerrero, où ils ont été contraints de signer les faux aveux de leurs soit disant crimes d'avoir planté de la marijuana et de posséder des armes à feu. Dans la nuit du 6 mai, ils ont été conduits au Cabinet du Procureur Fédéral à Coyuca de Catalan, avant d'être transférés à la prison de la ville. Le lendemain, ils ont comparus devant un juge et ont été accusés. En juin 1999, Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera ont été transférés dans une prison de la ville d'Iguala.

Leur procès en 2000 a été marqué par des irrégularités. Des preuves indiquent des inconsistences dans les accusations portées contre eux, ainsi que les preuves médicales de torture et de mauvais traitements. Cependant, les aveux obtenus sous la torture n'ont pas été jugés irrecevables par la Cour. Les défenseurs des droits humains ont été reconnus coupables et condamnés: Rodolfo Montiel à 6 ans et 8 mois de prison et, Teodoro Cabrera à 10 ans de prison.

L'affaire a attiré l'attention de la communauté internationale et a été condamnée par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera ont tous les deux reçu plusieurs prix pour les droits humains prestigieux lors de leur détention et, Amnesty International les a reconnus comme prisonniers de conscience. Au vu de la médiatisation de l'affaire, le Président mexicain a ordonné leur libération en 2001. Depuis, leur innoncence n'a pas été reconnue, les coupables de torture et de mauvais traitements n'ont pas été tenus pour responsables, aucune enquête civile ou publique n'a été ouverte, et ils n'ont reçu aucune compensation pour les préjudices causés. Les deux défenseurs des droits humains ont été obligés de quitter leurs communautés à cause de risques pour leur sécurité; Rodolfo Montiel a fait une demande d'asile politique aux Etats-Unis après avoir reçu des menaces de mort.

En 2008, la Commission Interaméricaine des Droits Humains a déclaré que l'Etat du Mexique avait violé les droits humains de Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera. Toutefois, l'Etat n'a pas suivi les recommendations faites dans un rapport de la Commission. L'affaire a donc été portée devant la Cour Interaméricaine des Droits Humains pour qu'elle soit jugée. Une audience publique aura lieu les 26 et 27 août 2010.

Front Line pense que cette affaire est emblématique au Mexique et considère qu'elle est un test important pour le gouvernement mexicain afin qu'il s'engage à stopper la violence contre les défenseur-ses des droits humains. Front Line a documenté la torture, les mauvais traitements et l'acharnement judiciaire contre les défenseur-ses des droits humains dans le pays et pense que la volonté du gouvernement mexicain de prendre des mesures en faveur de Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera pourrait être un signal important, visant à montrer combien il prend au sérieux ses obligations internationales envers les défenseur-ses des droits humains.

Action Finished: 

Action Update Needed. Before taking further action on this case please info@frontlinedefenders.org contact for further information