Posted 2010/9/2

Biélorussie: Arrestation et détention du défenseur des droits humains M. Raman Kislyak

Le 30 août 2010, la police de Berastse (Brest) dans l'ouest de la Biélorussie, a arrêté l'éminent défenseur des droits humains M. Raman Kislyak, alors qu'il distribuait des tracts pour commémorer la Journée Internationale des Disparus. Raman Kislyak est avocat pour les droits humains.

Informations Complémentaires

Raman Kislyak a été arrêté vers 14h00 rue Savetskaya à Berastse, alors qu'il distribuait des prospectus contenant des informations sur les droits humains. Les autorités de la ville de Berastse avaient refusé que Raman Kislyak distribue les tracts près de la place Lenin dans la ville. Cependant, il a maintenu son projet. Il a réussi à distribuer près de 50 tracts avant que deux hommes en civil ne l'arrêtent et le conduisent au département de police Leninsky à Berastse. Raman Kislyak a été libéré plus tard le même jour, après s'être expliqué devant la police sur les raisons de son action.

Les tracts distribués par Raman Kislyak appelaient les citoyens à soutenir l'idée que la Biélorussie rejoigne la Coalition Internationale Contre les Disparitions Forcées. La Journée Internationale des Disparus, qui a lieu chaque année le 30 août, est une journée annuelle de commémoration visant à attirer l'attention sur le sort, inconnu de leurs proches et/ou représentants légaux, des personnes emprisonnées, souvent dans de mauvaises conditions, ou exécutées.

La Convention Internationale pour la Protection de toutes les Personnes Contre les Disparitions Forcées, a été adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 20 décembre 2006 et ouverte aux signatures le 6 février 2007. En août 2010, 83 Etats l'avaient signée et 19 l'avaient ratifiée. Elle entrera en force lorsqu'elle sera ratifiée par 20 Etats. La Biélorussie fait partie des pays qui, jusqu'ici, ont refusé de signer la Convention.

La question est particulièrement sensible en Biélorussie, ou plusieurs opposants politiques au président Lukashenko - Yuri Zakharenko, Victor Gonchar, Anatoly Krasovski et Dmitri Zavadski- ont disparu en 1999-2000. Les enquêtes officielles n'ont donné aucun résultat. En 2002, un comité spécial d'investigation sur les disparitions en Biélorussie a été créé au nom du Comité des Affaires Juridiques et des Droits Humains de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). En 2004, le Rapporteur Spécial de l' APCE sur les disparitions en Biélorussie, Christos Pourgourides, a publié un rapport sur les résultats des enquêtes qui déclare, en particulier, qu'il y a de bonnes raisons de croire que des hauts-responsables du gouvernement biélorusse pourraient être impliqués dans les disparitions des politiciens.

Front Line considère que l'arrestation et la détention de Raman Kislyak a un lien direct avec son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains et les considère comme faisant partie d'une campagne de répression contre les défenseur-ses des droits humains en Biélorussie. Les autorités biélorusses refusent systématiquement la permission d'organiser des manifestations pacifiques en invoquant des excuses infondées, elles dispersent les manifestations qui sont donc illégales et arrêtent les personnes qui y participent.

Action Finished: 

Action Update Needed. Before taking further action on this case please info@frontlinedefenders.org contact for further information